Chasse et chasse à courre : quand la barbarie se cache derrière le mot « régulation »
Chaque année en France, on tue plus de 20 millions d’animaux au nom d’une jolie formule : la « régulation ».
On ne dit plus « tuer ». On dit « réguler ».
On ne parle plus de plaisir de la mise à mort, mais de « gestion raisonnée des populations ». Le langage a été soigneusement aseptisé pour essayer de rendre acceptable ce qui ne l’est pas.
Derrière ce vocabulaire administratif se cache une réalité brutale : la chasse, et particulièrement la chasse à courre, reste l’une des dernières traditions où l’on autorise la torture longue et publique d’animaux sensibles pour le divertissement d’une minorité.
La chasse à courre : une longue agonie légalisée
Pendant des heures, une meute de chiens poursuit un cerf, un sanglier ou un renard jusqu’à l’épuisement total. L’animal terrorisé court jusqu’à ce que son cœur lâche ou qu’il soit achevé à l’arme blanche. Ce n’est pas une mise à mort rapide. C’est une poursuite sadique, souvent filmée et applaudie.
La « régulation » : un mensonge scientifique
Une étude majeure du Muséum national d’Histoire naturelle publiée en mars 2026 est sans appel : la destruction massive de 1,7 million d’animaux dits « susceptibles d’occasionner des dégâts » n’a aucun effet significatif sur la réduction des dommages économiques.
Elle ne régule rien. Elle coûte même huit fois plus cher que les dégâts qu’elle prétend éviter.
L’élevage pour tuer : le scandale des lâchers massifs
Chaque année, plus de 20 millions de faisans, perdrix, canards colverts et lièvres sont élevés en batterie, puis lâchés dans la nature juste avant la saison de chasse pour être tirés presque immédiatement. On n’« chasse » plus : on tire sur des cibles vivantes.
Le plomb partout et les accidents
Les chasseurs dispersent chaque année des tonnes de plomb dans les sols et les rivières. Ce métal lourd contamine durablement l’environnement et la chaîne alimentaire. Les accidents sont nombreux : promeneurs, joggeurs, chiens, chevaux…
Chaque saison, des vies sont brisées par des tirs « malencontreux ».
Chez vous, chez moi : l’intrusion légale
En France, un chasseur peut, sous prétexte de « régulation », entrer sur votre propriété privée sans votre autorisation pour y tuer un sanglier ou un cerf. Votre jardin n’est plus tout à fait le vôtre.
Même logique que la corrida
On criminalise JeremStar pour avoir dénoncé la torture des taureaux dans l’arène.
On criminalise des militants qui sauvent des animaux dans les abattoirs.
Mais on continue de protéger légalement des pratiques qui infligent souffrance et mort publique au nom de la « tradition ».
La résistance existe
Face à cette violence légalisée, des citoyens organisent des actions de désobéissance civile : dispersion de croquettes pour déconcentrer les chiens de chasse à courre, blocages pacifiques, signalements.
Ces gestes, souvent qualifiés de « radicalisme », ne font que rappeler une vérité simple : la souffrance animale ne devrait jamais être un spectacle.
Il est temps d’arrêter de mentir
La chasse n’est pas une nécessité écologique.
Elle n’est pas une régulation efficace.
Elle est une tradition violente qui se maintient grâce à un lobby puissant et à un vocabulaire qui masque la réalité.
Dire cela n’est pas être « contre les chasseurs ».
C’est être contre la souffrance inutile, la pollution au plomb, les accidents et l’hypocrisie d’une loi qui protège plus la tradition que la vie.
La question n’est plus « Faut-il réguler ? »
Elle est : jusqu’à quand allons-nous accepter que la torture d’animaux soit considérée comme un loisir culturel ?
Pour aller plus loin
Étude MNHN 2026 – « L’élimination massive des espèces jugées nuisibles s’avère inefficace et coûteuse »
→ https://www.mnhn.fr/fr/actualites/la-guerre-aux-nuisibles-ne-reduit-pas-les-degats
Avis ANSES sur le risque sanitaire lié au plomb dans le gibier
Collectif pour l’Abolition de la Chasse à Courre (CACC)
→ https://abolitionchasseacourre.org/
AVA France – Abolissons la Vénerie Aujourd’hui