SCANDALE : La viande de chien débarque en France, la Ferme Bernier brise le dernier tabou

Le paysage gastronomique français est en plein séisme. Longtemps cantonnée à des fantasmes ou à des pratiques lointaines, la consommation de viande canine devient une réalité commerciale sur notre territoire.


À travers une plateforme qui brise tous les tabous, la Ferme Bernier propose désormais une gamme de "viande de chien de qualité supérieure" produite localement.


Une "filière canine" de proximité


Le concept est simple : appliquer les standards de l'élevage paysan et de la boucherie traditionnelle à nos animaux de compagnie. Sur leur site, on découvre des photos d'élevages en plein air et des fiches produits détaillées : du filet de Golden Retriever à la côtelette de Beagle.


Sur leur site on peut y lire :


"Contrairement aux pratiques de certains élevages, nos chiots ne reçoivent jamais d'antibiotiques ni d'hormones, et ils passent peu de temps enfermés. Ils ont accès à des pâturages verts durant l'été, et sont nourris uniquement avec une alimentation biologique, sans soja."


Le site avance des arguments pour justifier la consommation de viande de chien :


  1. Les chiens de la ferme ont été élevés pour nous nourrir, ils ne sont pas des animaux de compagnie.


  1. Manger des chiens est un choix personnel. Certaines personnes aiment le goût du chien.


  1. La viande de chien est une source de protéines complètes, essentielles à une bonne santé.


  1. Le foie-gras de bouledogue est une tradition familiale pour les fêtes.


  1. Les chiens sont abattus humainement sans aucune douleur.


L'indignation ne s'est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott et les menaces de poursuites judiciaires pleuvent. Comment, dans le pays de la gastronomie et de l'amour des animaux, a-t-on pu autoriser une telle horreur ?


Le grand dévoilement : Un miroir tendu à notre conscience


Si votre sang n'a fait qu'un tour en lisant ces lignes, respirez : la Ferme Bernier est une action de sensibilisation globale. Il n'y a pas d'abattoir de chiens en France. Ce site est un outil de "dissonance cognitive" conçu pour nous mettre face à nos propres paradoxes.


Pourquoi le meurtre d'un chien nous semble-t-il criminel alors que celui d'un cochon, d'une vache ou d'un poulet nous semble banal ? C’est ici que réside le cœur du débat sur le spécisme : cette discrimination arbitraire qui accorde de la valeur à une vie en fonction de son espèce, et non de sa capacité à souffrir.


Le spécisme : un préjugé bien ancré


Cette hiérarchie entre les espèces porte un nom : le spécisme. Popularisé par le philosophe australien Peter Singer dans son livre La Libération Animale, il désigne l’attitude qui consiste à accorder plus de considération morale aux individus d’une espèce qu’à ceux d’une autre, sans autre justification que l’appartenance à l’espèce “supérieure”.


Concrètement, nous sommes prêts à défiler pour sauver des chiens et des chats, mais nous tournons le dos aux cochons qui finissent en barquettes sous cellophane. Pourtant, leur capacité à souffrir et à ressentir la peur est comparable.


Comme l’explique Peter Singer, le critère déterminant ne devrait pas être l’espèce, mais la sentience. Un chien qui panique à l’abattoir, c’est l’horreur. Un cochon qui panique, c’est… la routine.


Et pourtant en vérité, la plupart des animaux que vous consommez ressemblent aux chiens à bien des égards, regardez la suite par vous même (merci à L214 pour ce fabuleux travail) :


  1. Cochons : https://www.l214.com/animaux/cochons/intelligence-et-vie-sociale-des-cochons/


  1. Vaches et Taureaux : https://www.l214.com/animaux/vaches/intelligence-et-vie-sociale-des-vaches-veaux-taureaux/


  1. Poulets : https://www.l214.com/animaux/poules-pondeuses/intelligence-et-vie-sociale-des-poules-et-des-poulets/


  1. Moutons : https://www.l214.com/animaux/moutons/intelligence-et-vie-sociale-des-moutons/


  1. Poissons : https://www.l214.com/animaux/poissons/intelligence-et-vie-sociale/


  1. Crustacés et Céphalopodes : https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/les-crustaces-et-les-cephalopodes-sont-sensibles-a-la-douleur_159412


Le culturel s’en mêle : de la vache sacrée à la viande de cheval


Ce qui est “bon à manger” dépend surtout des cultures.


En Inde, la vache est sacrée ; un hindou pratiquant ne consommera jamais de bœuf. En France, nous mangeons du cheval (un peu moins aujourd’hui), mais les Anglo‑Saxons y sont majoritairement hostiles, car le cheval y est perçu comme un compagnon de sport ou de loisir.


Quant à la viande de chien, elle est consommée dans plusieurs pays d’Asie (Corée du Sud, Vietnam, certaines régions de Chine) et d’Afrique (Nigeria, RDC). Le Nigeria est même le troisième consommateur mondial de viande canine.


Ce n’est ni une “barbarie” ni une “normalité” : c’est une habitude culturelle, comme la dinde de Noël ou le saucisson sec.


L'oubli de l'histoire : quand la France mangeait du chien


On l'oublie souvent, mais ce dégoût français pour la viande canine est moderne. Durant le siège de Paris en 1870, des boucheries canines et felines ont pignon sur rue pour pallier la famine. Si nous trouvons cela impensable aujourd'hui, c'est la preuve que notre "morale alimentaire" évolue au fil de l'histoire et des nécessités.


Ces tabous nous rappellent une vérité simple : manger ou ne pas manger tel ou tel animal relève d’un choix culturel, non d’une nécessité biologique. Et si nous pouvons choisir de ne pas manger de chien, nous pouvons aussi choisir de ne pas manger de cochon.


De la provocation à l'action : Les stands de dégustation


Pour pousser l’expérience encore plus loin, l’équipe de la Ferme organise des stands de ‘dégustation de viande de chien’ qui glacent le sang des passants. Sous la bannière de la sensibilisation, ces militants utilisent l’électrochoc pour engager le dialogue.


Après avoir provoqué un choc visuel et émotionnel, les bénévoles révèlent la vérité : la « viande » proposée est en réalité une alternative 100% végétale. Une manière brillante de démontrer que le plaisir gustatif ne justifie jamais la l’exploitation et la mort, quelle que soit l’espèce de la victime.


Pour aller plus loin :


Visitez le canular : https://www.ferme-bernier.fr


Découvrez l'association Co&xister : https://coexister.ch


Découvrez l’Association Végétarienne de France : https://www.vegetarisme.fr


Lisez Peter Singer : La Libération animale (éditions Payot)


La douleur d'un animal ne change pas selon le nom qu'on lui donne. La Ferme Bernier nous invite à une seule chose : à réfléchir et aligner nos actes avec nos valeurs de compassion.