Journée mondiale des animaux de laboratoire : le scandale des macaques mauriciens nous oblige à repenser la science

🐒 Des images insoutenables qui nous parviennent de laboratoires britanniques


Le 19 avril 2026, le Daily Mail a publié des images tournées en caméra cachée par un lanceur d'alerte : des macaques mauriciens gavés de force, maintenus immobiles dans des conteneurs en plastique pour subir injections et prélèvements forcés, parfois encore conscients au moment de la dissection.


Le lanceur d'alerte, employé de laboratoire, a choisi la Journée mondiale des animaux de laboratoire (24 avril) pour révéler l'horreur au grand jour.


L'horreur en chiffres : Entre 2015 et 2023, plus de 103 000 macaques à longue queue ont quitté l'île Maurice vers des laboratoires, principalement aux États-Unis, au Canada et en Europe. L'île Maurice, paradis touristique, est devenue la première « usine à singes » du monde occidental.


🇫🇷 La France, mauvaise élève de l’Europe pour l’expérimentation sur les primates


L’Hexagone utilise à lui seul plus de la moitié des macaques employés dans toute l’Union européenne et plus de 73 % des babouins. Chaque année en France, 3 500 primates (dont 3 000 macaques à longue queue) sont sacrifiés dans des laboratoires. C’est un triste record pour un pays qui se targue pourtant de son éthique et de ses avancées scientifiques.


Pire encore : seulement 13 % des projets de recherche subventionnés par des fonds publics en Europe mentionnent l’utilisation de méthodes alternatives (organoïdes, organes sur puce, modélisations informatiques). Pendant ce temps, des centaines de millions d’euros continuent d’alimenter l’élevage et l’expérimentation animale.


💸 80 millions d’euros pour un centre de la souffrance à Rousset


Le gouvernement et le CNRS prévoient de transformer la station de primatologie de Rousset (Bouches‑du‑Rhône) en un Centre National de Primatologie (CNP) d’une capacité de 2 000 primates, pour un coût de 80 millions d’euros financés par le contribuable. L’objectif est de « produire 40 à 50 % des besoins de la recherche académique française en macaques ».


L’opposition citoyenne a pourtant été massive : lors de la consultation publique, 93 % des 2 296 avis déposés étaient défavorables au projet, et 81 % des participants ont émis de fortes réserves éthiques.


La chercheuse Virginie Courtier‑Orgogozo (CNRS) s’oppose au projet : « Ce n’est pas une question de quantité, mais de principe. » Pour la première fois, le comité d’éthique du CNRS a rendu un avis assorti d’une position divergente.


🔬 Le "progrès scientifique" à quel prix ?


Chaque année en France, plus d'un million d'animaux (72,6 % de souris, 7,7 % de poissons, 6,4 % de rats) sont utilisés dans l'expérimentation académique. Les primates ne représentent que 0,168 % des utilisations, soit 2 372 individus. Mais leur proximité évolutive et sociale rend leur souffrance d'autant plus insoutenable.


Des méthodes alternatives existent, même si elles ne remplacent pas encore l'expérimentation animale dans tous les domaines :


Les organoïdes : structures 3D dérivées de cellules souches humaines reproduisant l'architecture d'un organe.


Les organes sur puce (OoC) : dispositifs miniaturisés imitant les fonctions d'un organe pour tester l'effet d'un médicament.


Les méthodes in silico : modélisations informatiques prédisant la toxicité d'une substance.


Des chercheurs du CNRS reconnaissent que ces méthodes non animales, utilisant des cellules humaines, produisent des modèles plus pertinents pour l'espèce humaine. Pourtant, des études montrent que seuls 13 % des projets de recherche subventionnés par des fonds publics en Europe mentionnent l'utilisation de méthodes de substitution.


Pourquoi continuer à financer massivement l'élevage et l'expérimentation sur primates, au lieu d'investir massivement dans ces alternatives en plein essor ?


💸 Le CNRS complice : 30 millions d'euros pour une « usine à primates »


Le Centre national de la recherche scientifique prévoit de transformer la station de primatologie de Rousset (Bouches-du-Rhône) en un élevage d'envergure nationale d'une capacité de 2 000 primates, pour un coût de 30 millions d'euros financés par le contribuable.


Pour que cette entreprise lucrative fonctionne, le CNRS s'allie aux élevages mauriciens qui capturent des macaques à longue queue – une espèce classée « en danger d'extinction » sur la Liste rouge de l'UICN.


3 077 macaques expérimentés en France en 2023. Une pratique que le CNRS entend intensifier.


⚖️ L'homme peut-il s'arroger le droit de faire subir l'horreur au nom de la science ?


Depuis la parution de La libération animale de Peter Singer en 1975, les philosophes s'interrogent. Singer propose le principe d'égale considération des intérêts : tous les êtres sensibles ont des intérêts, le principal étant d'éviter la souffrance. Il s'agit de rejeter le spécisme, aussi condamnable, d'un point de vue éthique, que le racisme.


Tom Regan va plus loin : pour lui, les animaux sont des « sujets d'une vie » qui ont des droits. L'expérimentation animale, qui instrumentalise des êtres conscients, ne peut être justifiée.


Une question qui dérange : si un test de médicament sur un primate est jugé « nécessaire pour sauver des humains », un test sur un enfant humain serait-il acceptable ? La différence entre les deux réside-t-elle ailleurs que dans l'espèce ?


Dans les faits, les tests sur les animaux échouent dans 86 % des cas à prédire l'efficacité ou la toxicité d'un médicament chez l'humain. Et surtout, des études récentes montrent que les organoïdes et les puces à organes sont déjà plus fiables que les modèles animaux pour certains types de tests.


📢 Agissons : signez et soutenez


Face à cette industrie de la souffrance, nous pouvons agir :


✍️ Signez les pétitions de One Voice :


Stop à l’utilisation des primates dans les laboratoires français : https://one-voice.fr/petition/stop-a-lutilisation-des-primates-dans-les-laboratoires-francais/


Non au projet d’agrandissement du CNP de Rousset : https://one-voice.fr/petition/non-a-lagrandissement-du-laboratoire-de-rousset/


📢 Exigez du CNRS qu'il renonce au projet de centre national de primatologie et investisse massivement dans les alternatives non animales.


💰 Soutenez les associations qui enquêtent et portent plainte


Ces organisations mènent des actions sur le terrain et en justice pour dénoncer les pratiques de l’expérimentation animale.


  1. One Voice : Mène des enquêtes, porte plainte et organise des actions nationales. https://one-voice.fr/


  1. Action for Primates : Campagne au niveau international contre l’exportation des macaques mauriciens et autres primates. https://actionforprimates.org/


  1. Pro Anima : Milite pour la promotion et le développement de la recherche non animale en France. https://www.proanima.fr/


📖 Informez-vous sur les méthodes alternatives de substitution


Ces ressources scientifiques promeuvent les méthodes substitutives à l’expérimentation animale.


  1. Replacing Animal Research (FRAME) : Organisation pionnière britannique qui finance et développe des méthodes non animales (organoïdes, organes sur puce). https://replacinganimalresearch.org.uk/


  1. NC3Rs : Centre national britannique de référence sur les 3R (remplacement, réduction, raffinement) en expérimentation animale. https://nc3rs.org.uk/



"C'est la première fois que le comité d'éthique du CNRS rend un avis assorti d'une position divergente. La chercheuse Virginie Courtier-Orgogozo s'oppose à la création du centre d'élevage de primates : 'Ce n'est pas une question de quantité, mais de principe.'"


Les alternatives existent, elles sont prometteuses, et elles sauveraient des milliers de vies animales. Il est temps de les prendre au sérieux.


Le 24 avril, faisons entendre la voix des singes de laboratoire. Ils ne peuvent pas parler, mais nous, nous pouvons agir. Signez, partagez, mobilisez-vous.